Un bon choix d’incubateur commence par une question simple : où en êtes-vous, concrètement ? L’accompagnement pertinent dépend de votre stade et de votre contrainte principale. Si votre problème est l’accès à un réseau sectoriel, vous chercherez une structure très connectée. Si votre problème est la mise sur le marché, vous chercherez un programme orienté exécution commerciale. Si votre problème est la structuration (offre, pricing, segmentation, positionnement), vous chercherez un cadre méthodologique solide.
Avant même de comparer des programmes, clarifiez ces points :
- Votre stade : idée, prototype, MVP, premiers clients, rétention, croissance.
- Votre marché : B2B, B2C, B2B2C, secteur régulé, cycle de vente long, besoin d’expertise métier.
- Votre équipe : solo founder ou équipe constituée, compétences manquantes, capacité de delivery.
- Votre contrainte principale : accès au marché, recrutement, financement, validation produit, industrialisation.
- Votre disponibilité : certains programmes exigent une présence forte, d’autres sont compatibles avec une activité parallèle.
Ensuite, évaluez l’incubateur comme vous évalueriez un partenaire stratégique. Voici une grille de lecture concrète, centrée sur la valeur réelle.
La promesse et ses preuves
Tout programme a une promesse : réseau, structuration, financement, expertise, visibilité, accès à des partenaires. Le point clé est la preuve. Cherchez des indicateurs tangibles : format des sessions, fréquence, accès direct à des experts, processus de suivi, outils mis à disposition, nature des ressources. Un discours séduisant sans mécanisme précis est un signal faible.
Le contenu : utile ou décoratif
La plupart des incubateurs proposent des ateliers sur les fondamentaux : proposition de valeur, segmentation, pitch, business model, juridique, finance, marketing. La question n’est pas “est-ce que c’est couvert ?” mais “est-ce que c’est adapté à votre stade ?”. Un contenu trop général peut être confortable mais peu transformant. Un contenu trop avancé peut être prématuré. Un bon programme sait ajuster le niveau et prioriser.
Le mentorat : disponibilité, compétence, alignement
Le mentorat est souvent le premier argument mis en avant, et pourtant l’un des plus variables. Ce qui compte : la disponibilité réelle des mentors, leur compétence sur votre type de marché, et leur capacité à challenger sans imposer. Un mentor utile vous aide à décider plus vite, à clarifier des arbitrages, à éviter les impasses. Un mentor “symbolique” apporte surtout du prestige.
Le réseau : densité et qualité des connexions
Le réseau n’est pas une liste de logos. C’est la capacité à créer des mises en relation pertinentes, au bon moment, avec un objectif clair. Un bon réseau se mesure au degré d’accès : pouvez-vous parler aux décideurs ? Avez-vous des passerelles vers des clients, des partenaires, des experts réglementaires, des talents ? Un incubateur sectoriel peut avoir moins de visibilité publique mais plus de connexions utiles.
Les contreparties : coût, capital, obligations
Certains programmes sont payants, d’autres financés publiquement, d’autres prennent une participation au capital, d’autres demandent une exclusivité ou des engagements de présence. Rien de tout cela n’est “mauvais” en soi. Tout dépend de l’équilibre valeur/contrepartie. Ce que nous recommandons : traduire la contrepartie en contrainte concrète (temps, equity, gouvernance, focus) et la comparer à la valeur attendue.
Sur le blog, nous approfondissons ces critères dans des articles dédiés : comment décoder une promesse d’accompagnement, comment distinguer un réseau vitrine d’un réseau actionnable, comment analyser une participation au capital, comment éviter les programmes “trop généralistes” si vous avez une contrainte spécifique.